Entretien avec Virginie Martel, deuxième volet : des ressources numériques québecoises pour l’enseignement de la littérature de jeunesse

A l’occasion de la semaine d’introduction aux études en Bachelor Primaire, la HEP-Vaud a invité le 28 août dernier Virginie Martel. La Professeure au Département des Sciences de l’éducation à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR-campus Lévis), a donné une conférence sur la lecture à l’ère numérique. Virginie Martel s’intéresse aux questions didactiques liées à la lecture/littératie et aux œuvres jeunesse.

Voie Livres a profité de sa venue pour l’interroger dans ce second volet (2/2) sur les ressources numériques québecoises destinées à l’enseignement de la littérature de jeunesse.

Voie Livres : Maintenant que vous avez fait connaissance avec le site Voie Livres, pouvez-vous nous dire si des sites québecois plus ou moins similaires existent, qui pourraient intéresser les enseignants et les formateurs en français, qu’elle que soit leur provenance ?

 

Oui, il en existe plusieurs et je recours à plusieurs d’entre eux très fréquemment ! Je ne peux bien sûr pas parler de tous les sites ici mais parmi ceux-ci,  je ne peux pas passer sous silence le site du LIMIER (www.lelimier.com) que j’ai co-fondé avec Jean-François Boutin. Le regroupement du LIMIER, et le site qui lui est associé,  a d’abord été pensé autour du recours en éducation à la littérature illustrée, soit les œuvres assurément composées d’images, comme la BD, les albums de fiction illustrée et les albums documentaires. Progressivement, les chercheurs et les praticiens qui sont associés au LIMIER se sont aussi  préoccupés des œuvres qui convoquent les images mobiles, celles par exemple des œuvres numériques interactives. De fait, nous disons aujourd’hui que le LIMIER est un site consacré à la littératie illustrée (ce qui ne nous restreint pas à l’étude de la littérature et du livre imprimé). Dans la section du site « Médiathèque », on trouve donc des bibliographies thématiques et commentées d’albums de fiction, d’ouvrages documentaires, de bandes dessinées produites en format papier, mais aussi des médiagraphies de films et de séries, de chansons, de jeux vidéo, etc.  Comme le LIMIER se préoccupe autant de formation que de recherche, on y trouve des professeurs-chercheurs, des praticiens et des étudiants des cycles supérieurs. Certaines productions scientifiques et professionnelles de ceux-ci y sont déposées, ce qui permet une offre très variée. En plus des bibliographies et médiagraphies thématiques commentées, on peut y retrouver des analyses complètes d’œuvres, des conférences et publications, la planification d’activités pédagogiques et même, des programmes clés en main pour assurer le développement des compétences en littératie. Entre autres, on peut télécharger un programme permettant d’enseigner, par le biais de dix ateliers, les stratégies de compréhension en lecture à l’aide de bandes dessinées, un programme sur la littératie familiale et un programme interdisciplinaire, basés tous les deux sur le recours à la littérature de jeunesse.

Concernant les sites consacrés plus directement à la littérature jeunesse, la plupart d’entre eux traitent encore principalement du livre imprimé. Le site Sentier littéraire pour enfants, accessible sur http://sentiers.bibl.ulaval.ca, créé par des chercheurs et praticiens affiliés à l’Université Laval, propose notamment une très belle sélection commentée d’œuvres accompagnée de propositions pédagogiques. Il est aussi impossible de passer sous silence un site du Ministère de l’éducation du Québec dédié à la littérature de jeunesse et à son exploitation à l’école, soit le site de Livres ouverts (https://www.livresouverts.qc.ca). Le but de ce site fort riche est d’outiller les enseignants en proposant une liste d’œuvres, minutieusement analysées, commentées et pouvant permettre l’exploitation d’un thème lié aux programmes officiels d’études (l’équivalent des plans d’études en Suisse). Les œuvres ainsi sélectionnées sont généralement adaptées aux élèves ciblés et pertinentes au regard des prescriptions et des valeurs prônées à l’école. Par exemple, les choix proposés permettent d’éviter de recourir à des ouvrages qui feraient l’apologie, par exemple, de formes de violence, de discrimination… sans se retreindre pour autant à une sélection « insipide ». Les livres sélectionnés sont donc  de qualité, ils offrent généralement une résistance intéressante. Par ailleurs, Livres ouverts présente et justifie les critères qui président à la sélection des œuvres jugées pertinentes. Les propositions sont cependant « alignées » sur les préoccupations éducatives qui prévalent au Québec et organisées en fonction des degrés scolaires de la province.

Dans un autre ordre d’idées, je terminerais avec le site de la revue Le pollen (http://diffusion-didactique.scedu.umontreal.ca/blogue/category/le-pollen) qui propose, conditionnellement à un abonnement, une revue en ligne traitant de littérature de jeunesse et de pratiques enseignantes. Destinée aux praticiens et praticiennes, Le pollen propose plusieurs articles, des réseaux d’œuvres, des chroniques, dont celle du LIMIER, des témoignages… un peu comme le fait Voie Livres !

 

 

Chronique publiée le 8 octobre 2018

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