Pour cet entretien, arrêtons-nous auprès de Camille Pousin, éditrice et fondatrice des éditions lausannoises uTopie, « qui ont pour vocation d’explorer et de développer ce nouveau média qu’est le livre numérique en complémentarité de son parent papier, de créer des livres et des histoires enrichies qui ouvrent d’autres perspectives ».

 

Présentation de la maison d’édition uTopie

 

Carole-Anne Deschoux : Depuis quand sont nées les éditions uTopie et quel était votre projet initial ?

Camille Pousin : Les éditions uTopie sont nées en 2015 à Lausanne et le lancement officiel des premiers livres s’est déroulé au Salon du livre de Genève en avril 2016. À l’origine d’uTopie, il y avait le constat que le livre numérique était souvent relativement simpliste, une transposition du contenu papier sur un écran. Il ne permettait pas d’explorer les possibilités incroyables que ce nouveau support offrirait au livre et à la lecture. Étant libraire avec un master en Humanités numériques, j’ai cherché à explorer ce que les nouvelles technologies pouvaient apporter au récit.

  1. Vidéo du livre Horangi – Le dernier tigre de l’Oussouri : Animation des traces de pas du tigre.

Dès le début, je trouvais important de conserver un support physique pour organiser des activités comme des séances de dédicaces avec les auteur·es et être présents en librairies. Les trois premiers livres ont ainsi été vendus sous forme de coffrets contenant un QR code permettant de télécharger le livre numérique. Ces premières versions ont suscité de l’intérêt, mais aussi des réticences qui étaient principalement liées au rapport au numérique. En 2017, j’ai abandonné le coffret pour un carnet papier, plus proche du format d’un livre, qui contenait les trois premières pages de l’histoire et un carnet d’écriture. Il y avait toujours un QR code pour télécharger le livre numérique. Les trois pages d’extrait permettaient aux personnes en librairie de découvrir le livre, mais ces carnets étaient encore incomplets.

 

  1. Photo : Etapes des formats de publications des éditions uTopie (2016-2018). ©Guillaume Tschupp

Finalement, après avoir fait une enquête auprès des lecteur·ices et des auteur·es, il en est ressorti que la majorité des personnes interrogées préféraient les livres avec le double format, papier et numérique. Cela permet de commencer la lecture avec un objet connu et de poursuivre vers le format numérique. Ou inversement.

Actuellement, le livre papier est complété par des activités pédagogiques et un glossaire. Il contient un QR code pour télécharger la version numérique interactive, animée et enrichie de l’audio. Les apports numériques supportent la narration et donnent des éléments de compréhension supplémentaires selon les livres. Par exemple dans le livre « Mathilde », à la fin de l’histoire, les deux protagonistes qui étaient ennemies deviennent finalement amies. Rien n’est écrit mais l’animation d’une carte postale nous fait comprendre leur amitié. Ces éléments animés sont souvent ludiques et instructifs. Les enfants peuvent ainsi écouter le texte lu, découvrir l’explication des mots compliqués grâce à des pop-ups, rêver ou sourire en découvrant une animation.

Plusieurs éléments mettent en valeur l’histoire, lui donnent une autre dimension. Dans « Le Dahu », un livre extraordinaire sur l’animal mythique, mais aussi sur la tolérance et l’amitié, on peut voir le personnage principal partir du village. Sur une autre page plus contemplative représentant un paysage de montagne, le ciel est traversé par des nuages et l’atmosphère de l’instant est d’autant plus poétique. Les animations apportent de la vie, du sens, un nouveau point de vue ou simplement une meilleure immersion dans l’histoire. Ces éléments complètent ce qui est présent dans le livre papier ici par des dimensions poétiques. L’imaginaire se crée à partir de stimulations. Le livre papier et le numérique vont susciter des émotions. L’histoire que les lecteur·ices reconstruisent au travers de leur interprétation sera nourrie de nouveaux détails. Une animation peut attirer ainsi l’attention sur des éléments particuliers et inviter à considérer un autre point de vue sur une situation.

  1. Vidéo du livre Le Dahu : Le vieil homme part du village.
CAD : Maintenant quelques années plus tard, que dire de votre cheminement ? Et de vos utopies ?

CP : Ce que j’ai trouvé intéressant dans le chemin parcouru depuis les premiers coffrets jusqu’aux albums actuels, c’est l’intérêt pour le format numérique présent chez de nombreux professionnel·les. Les auteur·es sont ravi·e·s de faire des créations pour le numérique, ce qui leur permet d’explorer les possibilités de ce nouveau format et de se l’approprier. Les libraires souhaitent intégrer le numérique dans leur rayon, ce que permet également le support physique. Les enseignant·es ont aimé les aides à la compréhension présentes dans les livres (version audio, pop-up explicatifs, activités pédagogiques) et l’autonomie que cela permet aux enfants. Même s’il y a eu quelques parents plus réticents à un format 100% numérique au début, nos lecteur·ices ont réservé un bel accueil à nos publications.

Finalement, mon utopie, qui est d’explorer ce que les nouvelles technologies offrent au livre et de mettre en avant la complémentarité du papier et du numérique, s’est incarnée dans les livres au double format que nous publions depuis 2018. Au fil de cette aventure, j’ai eu la chance de collaborer avec de nombreux acteur·ices du livre, et je m’aperçois de l’aspect novateur de mon entreprise, malgré le fait que le digital fasse partie intégrante de nos vies. C’est un atout et c’est un cheminement passionnant, mais cela représente aussi beaucoup de portes à ouvrir. Au fil des 13 publications réalisées avec les auteur·es, mon utopie a évolué sans modifier les fondements de mon initiative qui vise à explorer les possibilités du numérique au service de la narration, tout en restant au plus près des attentes des lecteur·ices.

  1. Photo : les livres publiés par les éditions uTopie depuis 2018. ©Guillaume Tschupp
CAD : Un point fort à partager comme choix éditorial posé par l’éditrice.

CP : Il y a de nombreux mythes autour du numérique et de nombreuses critiques aussi, particulièrement lorsqu’il se destine à des enfants. Il ne faut pas oublier que le numérique est un format, un outil, avec ses possibilités et ses limites. Comme tout outil, il est déterminé par l’utilisation que l’on en fait. Passer trop d’heures exposé à du contenu de mauvaise qualité est un réel problème, pour les enfants comme pour les adultes. Les éditions uTopie se donnent comme objectif de proposer du contenu de qualité, accessible sur papier comme sur écran. Je travaille avec des auteur·es et des illustrateur·ices professionnels, mais aussi avec d’autres corps de métiers (compositeur·ice, preneur·euse de son, informaticien·ne, …). Je sélectionne avec attention les manuscrits reçus et effectue un travail d’édition minutieux en collaboration étroite avec les auteur·es. Je respecte leurs choix tout en incluant les exigences de la maison d’édition. Je suis particulièrement sensible aux questions de genre, à l’égalité et à l’écologie. Le multilinguisme me parait aussi essentiel dans un pays accueillant quatre langues nationales qui s’inscrit aussi dans un contexte de mondialisation : raisons pour laquelle plusieurs de nos livres sont bilingues et trilingues.

  1. Photo : Animation dans une classe autour de l’album « Zay Boule-de-feu » avec Camille Pousin. ©Guillaume Tschupp

Au travers des livres que j’édite, j’ai la volonté de transmettre non seulement des histoires, mais aussi, et surtout le goût de la lecture. Cet apprentissage passe par des émotions et des récits de qualité, tant au niveau des textes que des illustrations. Cela passe aussi par une accessibilité accrue. L’apprentissage de la lecture est un effort pour les enfants et je trouve important de les soutenir dans cet effort. C’est pour cette raison que je me suis adressée à des enseignant·es pour rédiger les pop-ups explicatifs qui définissent les mots et pour concevoir les activités autour des livres. J’ai aussi choisi une police d’écriture facilement lisible sur écran et adaptée aux enfants ayant des difficultés de lecture, avec une mise en page fluide et la possibilité de zoomer dans les textes. Cette attention à l’accessibilité des livres, en facilitant la lecture et la compréhension, permet une meilleure immersion dans l’histoire et je l’espère développe peut-être l’envie de lire.

C’est aussi pour cette raison que j’ai choisi une ligne éditoriale attentive à la question du genre et à l’égalité, car les livres transmettent des expériences qui façonnent nos vies, notre personnalité et nos choix présents et futurs. Cette année, nous allons lancer une nouvelle collection sur l’histoire des femmes en Suisse pour les 10-13 ans. Le but est de rendre l’histoire des femmes accessible aux jeunes, de permettre une meilleure compréhension de notre contexte et de susciter une réflexion chez les filles et les garçons sur l’égalité. L’attention à la question du genre est aussi présente dans les récits de fiction que nous publions. Je travaille avec les auteur·es pour affiner les textes. Je demande à ce que les filles et les femmes soient représentées positivement, sans stéréotypes. Par exemple dans « Zanna et le Trucmuche », un livre trilingue français-anglais-allemand, Zanna va résoudre une situation délicate grâce à sa curiosité et son intelligence. Dans « Mathilde », l’héroïne rêve de devenir biologiste et exploratrice, ce qui l’amène à partir seule parcourir une forêt magique. Ou dans « Zay Boule-de-feu », Zay est une petite fille qui se fâche très fort, ce qui est rare, la colère est souvent une émotion attribuée aux garçons comme si les filles n’avaient pas le droit de se mettre en colère. Zay se transforme même en une boule de feu et combat un dragon.

  1. Vidéo du livre Zay Boule-de-feu : Zay combat le dragon

Livre analogique et digital

CAD : Vous êtes partie du livre digital pour aller vers le livre analogique. Ça n’est pas banal. Pourquoi ?

CP : Le livre numérique est un nouveau format sur un nouveau support, différent du livre papier. J’ai toujours considéré que, dans le monde du livre, papier et numérique ne sont pas en compétition. Le numérique ne remplacera pas le papier. Le projet initial des éditions uTopie, de proposer des livres 100% numériques interactifs vendus avec un support analogique, voulait briser les réticences face au digital et apporter des livres de qualité tout en conservant un lien avec le livre physique. L’objet matériel a toujours été présent, mais dans les premières versions le lien au livre n’était pas assez fort comme j’ai essayé de le dire au début de l’entretien. Changer pour un livre papier classique accompagné de sa version numérique interactive a fait sens et a renforcé la complémentarité de ces deux mondes. Lire le livre papier puis le relire ou écouter l’histoire en numérique animé, et inversement. Ce sont deux moments de lecture distincts qui s’enrichissent mutuellement que je continue d’explorer.

CAD : Vous dites que vous êtes spécialiste dans la création de livres interactifs pour les jeunes ? Qu’est-ce qu’un e-livre ?

CP : J’utilise le terme « elivre » pour parler de livre numérique. Je n’aime pas l’appellation « livre numérique », d’une part parce qu’elle est connotée et d’autre part parce qu’elle renvoie souvent à une simple transposition du texte sur un écran et ne couvre pas les vastes possibilités du format. Nos livres sont animés, lus, enrichis. On peut cliquer, déplacer des éléments, interagir avec les personnages et le décor, découvrir les animations, faire de petits jeux ou répondre à des questions sur l’histoire sous forme de quizz. Par exemple, dans « Le Chant du volcan », l’enfant joue de la musique en cliquant sur les violons suspendus derrière le luthier. Les pop-ups, en cliquant dessus, donnent la définition de certains mots compliqués ou du vocabulaire spécifique à l’histoire. Ils accompagnent ainsi les lecteur·ices dans leur compréhension du texte. À la fin des albums numériques, les enfants peuvent aussi répondre à un questionnaire sur l’histoire et bénéficient d’un retour immédiat avec un message qui donne le résultat et invite à réessayer si la réponse est fausse. Nous avons aussi publié plusieurs livres bilingues et trilingues, les textes et l’audio sont dans les trois langues. L’histoire lue permet aux enfants qui ne savent pas lire ou qui ont des difficultés de lecture d’accéder à l’histoire de façon autonome. À ces éléments, nous pourrions encore ajouter des vidéos, des liens, d’autres jeux, des exercices… On voit que les possibilités sont vastes et qu’elles ne demandent qu’à être explorées. Nous avons demandé à des compositeurs d’écrire des musiques inédites pour ce livre et aussi pour « Eldorado ». Une BD sur le Jazz que nous préparons en ce moment et qui devrait sortir cette année sera aussi accompagnée de musique. Tout cela englobe bien plus que ce à quoi nous pensons quand on entend « livre numérique ». C’est pour cela que je préfère parler d’elivres interactifs qui sont de réelles créations digitales.

  1. Vidéo du livre Le Chant du volcan : jeu avec les instruments de musique et pop-up.
CAD : Quelles spécificités et quelles différences entre l’objet livre papier et l’objet livre digital ? Que permet l’un et pas l’autre ? Que dire de la lecture à partir de ces deux supports ?

CP : La spécificité du format numérique est de proposer des éléments pertinents pour les lecteur·ices accessibles au sein du livre. A travers la lecture audio, les pop-ups sont actionnés d’un simple clic et apportent de l’autonomie aux enfants dans leur lecture - particulièrement à ceux qui ont moins de facilité à lire et pourraient se sentir frustrés de ne pas comprendre une action à cause du vocabulaire. Ils n’ont ainsi pas besoin d’une aide extérieure (adulte ou connexion Internet). Ils peuvent découvrir l’histoire seuls – même s’ils ne lisent pas. Mais comme lire suppose choisir, dans les deux formats, on peut très bien lire l’histoire sans regarder les définitions et se créer son propre sens. Le format numérique permet également plus aisément la considération de plusieurs langues sans gêner le texte ; on passe d’une langue à l’autre d’un simple clic sans changer de page et les textes et l’audio sont indépendants. Le texte peut être lu en français et l’audio le proposer en anglais. Cela permet de laisser le libre choix aux lecteur·ices. C’est comme la possibilité de mettre les sous-titres pour un film. On peut ainsi comprendre l’histoire tout en exerçant l’écoute ou la lecture dans une autre langue. Nous avons publié deux livres trilingues français-anglais-allemand, « Zanna et le Trucmuche » et « Un murmure bleu ». Nous avons choisi une version papier des livres uniquement en français et des enregistrements audios en allemand ou en anglais. Ecrire trois fois le texte sur chaque page nous aurait obligés à masquer les illustrations et aurait surchargé la mise en page.

  1. Vidéo du livre Zanna et le Trucmuche : On entend le livre lu en français tandis qu’au clic on peut changer la langue du texte.

L’objet livre papier a quelque chose d’intemporel. Il traverse les générations, on le prête, on le conserve en bibliothèque. Cette matérialité rend l’histoire plus concrète et lie la narration, les émotions ressenties à l’objet livre. C’est un objet transitionnel entre les lecteur·ices, l’univers de l’histoire et les auteur·es. Un livre papier que l’on a lu devient unique, car il nous a apporté une expérience, des émotions, nous avons vécu quelque chose à travers lui. Cet aspect est aussi présent dans nos livres interactifs, mais pas avec la même portée. Peut-être parce que c’est le même support physique qui est utilisé pour lire plusieurs livres différents.

Dans les versions papier de nos livres, nous proposons aussi des activités liées à l’histoire et adaptées à l’âge des lecteur·ices . Par exemple dans le livre « L’enfant qui avait oublié sa peur », qui vise des enfants dès 4 ans, la peur est comparée à un petit oiseau jaune avec un chapeau rouge qui vit sur notre épaule. L’activité à la fin de livre permet aux enfants d’imaginer leur peur comme un petit oiseau avec un chapeau et de colorier le dessin avec la couleur qu’ils imaginent. Cela permet une représentation de la peur et une rationalisation de ce concept.

Pour nous, ce qui est important est que chaque élément soit adapté au format (numérique ou papier) afin d’exploiter au mieux les forces et les contraintes de chacun. Le multilinguisme sera plutôt en digital, le coloriage plutôt en papier. Les spécificités de chaque objet sont pensées pour que papier et digital soient complémentaires et donnent des expériences de lecture différentes.

CAD : Comme éditrice, comment penser les histoires éditées et ces deux supports ?

CP : J’ai choisi de publier des histoires inédites écrites par des auteur·es actuels, confirmés comme Olivier May qui est écrivain pour la jeunesse professionnel, mais aussi par des personnes dont c’est le premier livre. Pour les illustrations, je travaille avec des illustrateur·ices professionnels. En effet, si le support, papier ou digital, impacte moins le texte, il influence par contre les illustrations, car les versions numériques sont animées. Les illustrateur·ices doivent travailler différemment et préparer les fichiers pour que nous puissions ensuite les animer. Cependant le choix des éléments animés se fait toujours avec l’auteur·e et l’illustrateur·ice. Sans rentrer dans les détails techniques, préparer des illustrations pour le papier et pour le numérique sont deux choses distinctes, surtout lorsqu’il s’agit de conjuguer plusieurs formats, tous ces éléments doivent être pensés en amont.

Le support change aussi le travail d’édition. Le travail de fond autour des histoires reste le même que pour le papier, le choix des manuscrits, le travail avec les auteur·es, la correction des textes. Le travail sur la forme diffère pour la version numérique, car la mise en page doit tenir compte des spécificités des écrans, des systèmes d’exploitation, du rendu colorimétrique sur écran qui est différent de l’impression papier, de la lisibilité de la police d’écriture. De plus, il y a un travail d’animation, d’enregistrement audio et de codage informatique propre aux livres interactifs, que je réalise à l’aide de plusieurs programmes professionnels, dédiés à l’animation et à l’édition de contenu numérique. La maîtrise de ces outils est essentielle à la création multimédia, j’ai consacré beaucoup de temps à cet apprentissage qui me permet de maîtriser le processus dès le début du projet, jusqu’à sa sortie au format digital.

  1. Vidéo making-of d’une animation pour le livre Eldorado

Lecture et supports

CAD : Quelles prises de conscience avez-vous faites par rapport à la lecture ?

CP : La lecture est une activité omniprésente dans notre société. L’être humain a besoin de communiquer, de transmettre, d’enregistrer des informations. Nous avons eu la tradition orale, le dessin, les pré-écritures, les tablettes d’argile, le papier, l’imprimerie, la photographie et maintenant le numérique. À chaque évolution, nous avons été capables de transmettre plus, plus vite, plus précisément, pour une plus large audience. À chaque fois, notre société s’est réorganisée et transformée autour de ces nouveaux supports. Mais finalement, très peu de ces supports ont totalement disparu. Chacun a son usage propre. Les supports se complètent et sont interdépendants.

Dans le livre jeunesse et le milieu scolaire, les évolutions sont aussi importantes. Actuellement, nous aurions du mal à imaginer un livre pour enfant ou un manuel scolaire sans illustrations, pourtant c’est relativement récent. Il a fallu apprivoiser cette nouveauté afin que les dessins aient du sens et ne soient pas uniquement décoratifs ou source de distraction pour les élèves (c’est d’ailleurs ce que l’on reproche aujourd’hui à l’utilisation de la tablette en classe). Il en est de même pour le numérique, il est déjà fréquent de voir des compléments numériques aux manuels scolaires ou à certains livres. Et il faut se rappeler que, malgré l’importance que le numérique a pris dans notre quotidien, nous sommes au début de cette évolution.

  • 9. Photo : Camille Pousin, éditrice et fondatrice des éditions uTopie. ©Guillaume Tschupp

Mes activités professionnelles ne s’arrêtent d’ailleurs pas au livre jeunesse, je développe des didacticiels en collaboration avec un expert en e-learning. Notre but est d’explorer les possibilités offertes par les outils digitaux au service de l’éducation, pour adultes comme pour enfants. Il y a encore beaucoup à faire dans ce domaine.

Pour terminer, je dirais que la prise de conscience la plus importante pour moi est que la lecture est en perpétuelle évolution et que son essence ne dépend pas de son support, même si la qualité de ce dernier joue un rôle. La lecture est vivante, mouvante et il s’agit de l’explorer et de la réinventer continuellement.

 

{vivre le livre }

 

Pour découvrir la maison d’édition uTopie : https://www.editionsutopie.com

 

Chronique publiée le 22 février 2021

Entretien effectué par Carole-Anne Deschoux, professeure associée HEP Vaud